Entretien avec Bruno BaIp - metteur en scène

Après avoir joué sous la direction de metteurs en scène prestigieux qu'est-ce qui vous a poussé à franchir le pas de la mise en scène ?
Tout ce qui m'a fasciné depuis longtemps dans cette voie royale c'est la création théâtrale et les divers chemins pour y accéder modestement avec l'ambition de réussir à illustrer une oeuvre inédite, bien écrite, jeune, drôle et féroce, riche en rebondissements et pleine d'impertinence.

Comment avez-vous connu la pièce « l'Auteure » d'Anne Fabien ?
J'ai connu Anne sur la scène du théâtre Chaptal où nous jouions « Cheptel, mort ou vif » de Julien Vartet : Anne était ma secrétaire, Paul Ecoffard l'accusé, j'étais le juge d'instruction. Notre auteur a quitté son métier de comédienne pour se consacrer à l'écriture avec succès. Après avoir lu « l'AUTEURE » d'une traite, j'ai tout de suite accepté de la monter et même de la produire.

Qu'est-ce qui vous a intéressé dans cette pièce qui repose sur deux personnages forts ?
Philippe, n'est pas qu'un Don Juan moderne. Il y a une autre dimension, un autre espace de non-dit où son « ego » se fond dans l'inconscient collectif : un besoin viscéral chez lui, de créer. A la ville comme à la scène, on le sent fragile, inconstant, maladroit dans sa quête d'un « geste créateur » : Il voudrait être un grand couturier mais ne fait que draper avec élégance son mannequin fétiche, il voudrait être une personnalité artistique reconnue, un décideur, haut responsable... mais il ne trouve qu'à parodier un officier nazi, il voudrait être un « play boy » irrésistible et tente de récupérer son ancienne femme. Et Là, il se heurte à plus fort que lui et tombe sur un bec.
Quant à Elsa, c'est un personnage fort qui l'affronte et le plante au poteau. Elle est l'archétype de la femme moderne, libre, intelligente, qui ne s'en laisse pas compter dans sa vie privée et qui déjoue allégrement les pièges où Philippe veut l'attirer. Le « vrai sexe fort » avec une grande qualité en plus : l'intelligence du coeur.

Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
J'ai choisi ces deux jeunes comédiens parce que j'aime leur sensibilité, leur élégance naturelle et leur intelligence du jeu Je les ai vus jouer séparément. Séduit par leur jeunesse et leur sens de l'humour, j'ai eu envie de les réunir dans une pièce témoin des moeurs de notre temps. Une gageure, un challenge à ne pas manquer.

Qu'avez-vous envie de mettre en avant grâce à votre mise en scène ?
Ici l'homme qui mène le jeu, entraînant la jeune femme dans une ronde cruelle, mais pleine d'humour, la ronde du désir, de son désir, sans se douter une seconde qu'elle ne songe qu'à la vengeance.
L'Auteure est une pièce en chausse-trappe, piège du désir, de l'immédiateté du désir, avec tout ce que cela comporte de malaise, de remords, mais dont le sexe « faible » ressort une fois de plus victorieux. C'est ce que je m'efforce de réaliser.


Parcours - www.brunobalp.com

Après avoir suivi l'enseignement de Charles Dullin, Bruno Balp alterne le Théâtre Classique, le Boulevard, le Contemporain, le Cabaret et les Comédies Musicales.
Il joue sous la direction de grands metteurs en scène : Roger Blin, Giorgio Strehler, Jean Vilar, Georges Wilson, Raymond Gérôme, Grenier Hussenot, Pierre Vial, Pierre Franck, Jacques Sereys, Gabriel Garran, Jacques Rosny ...

En 1961, Georges Wilson, le présente à Jean Vilar. Il restera pensionnaire 10 ans au TNP au Palais de Chaillot. Il y jouera au total 24 pièces. Il jouera ensuite dans de nombreux grands théâtres parisiens.

Il chante, joue et danse dans des comédies musicales telles que : Il pleut sur le bitume de J.H. Chase, L'Opéra de 4 sous de Brecht dirigé par Georgio Strehler, Phi Phi de Villemetz, L'amour à Tahiti de Francis Lopez, Tohu Bohu de Kursner. Il met en scène et joue le Rendez-vous des cons (adaptation de La Maison des confidences) de Duvernois et Monsieur Karl de Qualtinger.

A l'étranger : Il met en scène « off Broadway » à Philadelphie, la pièce autrichienne Herr Kart qu'il interprète en anglais. Il joue en Turquie La Rose des mers de l'auteur turc Necati Cumali dirigé par Pierre Viol de la Comédie Française. Il met en scène à Boston-+ un récital Poésie – musique en compagnie de la pianiste concertiste internationale Nicole Eysseric.

A la télévision on a pu le voir dans les films de Claude Barma, Roger Iglesis, Robert Mazoyer, Roger Kahane, Jean-Daniel Veraegh, Jaime Jaimes, Jean-François Delassus ... et au cinéma Jean Renoir, Jacques Becker, Claude Zidi, Jean-Charles Tacchella, Jean-Pierre Mocky, Bertrand Tavernier, Pierre Tchernia, Jean-Louis Leconte, Catherine Breillat, Gérard Oury, Jean-Claude Brialy, Jacques Deray, José Giovanni, Jean-Marc Thibault, Yves Robert.

En 2005, il joue Jonas d'Elie-Georges Berreby, mis en scène de Pierre Viol. En 2006, il interprète Bartholo dans Le Barbier de Séville mis en scène d'Henri Lazarini. En février 2007, il produit et met en scène L'Auteure d'Anne Fabien. Il a écrit Ripopée d'Amours qu'il mettra en scène et interprétera également en 2007 à Paris.

 

 
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