Entretien avec Anne Fabien - Auteur

Vous étiez actrice auparavant, quelles ont été vos motivations pour passer à l'écriture ?
J'ai toujours eu envie d'écrire. Un besoin d'exprimer par la création ce que je comprenais du monde. Le métier de comédienne, quand on joue beaucoup de classiques, donne une idée de la façon dont les « potes » du temps jadis organisaient leur « vivre ensemble.» Mais si les temps changent et heureusement ! les passions perdurent. Le jaloux sauce 2007 serait-il moins jaloux que le jaloux sauce 1312 ou 1 658 ? Pas sûr. Et le désir de puissance ? Un truc hallucinant quand on prend la peine d'y réfléchir ! Les hommes se tuent pour ça. Regarder vivre les autres, me regarder vivre, et écrire ce que je vois. Voilà ce que je voulais faire. Restait à trouver la forme. jouer au théâtre donne le sens du dialogue. J'écris donc des scénarios et des pièces.

Quel a été le point de départ de l'écriture de « L'Auteure » ?
Une histoire de fou. Quand une comédienne ou un comédien débute dans ce métier, il lui faut s'activer pour décrocher un rôle. Les contrats ne tombent pas du ciel ! Et les démarches à faire conduisent parfois à rencontrer de bien curieux personnages... Une de ces aventures a été le point de départ de l'AUTEURE.

Vous êtes-vous inspiré de faits réels ?
Oui. Pour le début de la pièce. j'avais environ 25 ans quand j'ai été contactée par une soi-disant production pour un soi-disant premier rôle féminin dans un soi-disant film dont l'action se déroulait durant la dernière guerre mondiale. On me demandait d'incarner le rôle d'une jeune résistante passant à l'ennemie pour l'amour d'un officier SS. J'ai été reçue par un homme très sympathique, qui m'a trouvée idéalement proche de l'idée qu'il se faisait de son personnage. Seulement, il y avait un hic, que je ne peux dévoiler sans dévoiler le début de la pièce. Disons simplement que ce Monsieur faisait passer des essais à des comédiennes en leur demandant de se soumettre à certains fantasmes. Histoire de s'assurer qu'elles seraient naturelles dans les scènes clés. Et il était très clair : si vous refusez de faire ces essais, vous n'aurez pas le rôle. Sauf que ce film n'a bien évidemment jamais été tourné ! j'ai fait partiellement de cette histoire la première partie de « l'auteure ». Ensuite, j'ai brodé.

Votre pièce donne la part belle au jeu des acteurs. Comment avez-vous déterminé la psychologie des personnages ?
Alfred de Musset disait que pour créer un personnage, on prend le nez d'un ami, le cou d'une soeur, les yeux d'une tante etc... et qu'en malaxant le tout, on trouve ce que l'on recherche. Idem pour les caractères, auxquels on ajoute plus ou moins consciemment une part de soi-même. C'est ce que j'ai fait pour construire le personnage de Philippe. Un peu de l'homme qui m'avait reçue, un peu d'un homme que j'ai aimé, un peu d'un homme qui m'a aimée, un peu d'un homme que j'ai haï ; j'y ajoute un brin d'invention et bonjour Philippe ! Elsa correspond plus à la manière dont j'aurais aimé réagir en pareille circonstance. Mais ce n'est pas moi.


Parcours

Après une longue carrière de comédienne, Anne Fabien écrit des pièces de théâtre, des séries policières, des téléfilms, des pièces radiophoniques et du théâtre pour jeune public.

Pièces de théâtre jouées à Paris :
La reine des pommes (1994), La darne en rouge (1997), La tache : Pièce musicale - Musique de Claire-Mélanie Sinnhüber (Avec le soutien de l'aide à la création du Ministère de la Culture) (2000), In vino veritas (2002-03), La faute (2005).

Pièces publiées aux Editions théâtrales « Art et Comédie »
Première loge Comédie co-écrite avec Catherine Day, Je t'aime, un peu, beaucoup... conte philosophique(2003) - Et co-écrit avec Catherine Day : Zoé la Tortue, Fourmilion, le roi de la guitare (2004) - Agathe, l'araignée peintre. (2005).

Télévision : Ecriture de scénarios pour les séries : Intrigues (TF1), Mésaventures (TF1) : Participation au scénario « Un père inattendu » (90 min) pour Canal + et TF1.

Radio : Les chemins de la connaissance : le pasteur Porret ou rencontre avec quelques hommes extraordinaires, Mémoire du siècle : Francis Bott, un peintre Allemand de notre temps, Portraits : Mario Haniotis.

En tant que comédienne elle a joué :
Au Théâtre, des auteurs comme : Shakespeare, Beaumarchais, Afred de Musset, Molière, Marivaux, Corneille, Sartre, Jean Tardieu, Daniel Colas et à la Télévision pour des réalisateurs comme : Boramy Tioulong, Yves Allégret, Franck Apprédéris, Edouard Logereau, Jean Pignol, Jean-Paul Sassy, Pierre Goutas, Jean-François Delassus, Eric le Hung et au cinéma : Gérard Lauzier, Hubert Aigrot, Jean-Pierre Godard, Claude Mulot, Diane Kurys, Alain Jessua.

 

 
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