 
Georges Wilson donne la réplique à cinq
comédiens
dans un Barbier de Séville sans fioritures et qui fait du trait
d'esprit l'acteur principal. Critique.
Comment répondre à la richesse d'un texte où les
complots s'enchevêtrent façon toile d'araignée,
sur fond de calomnie et quiproquos tantôt amoureux, tantôt
dictés
par la jalousie? Une chose est sûre, question mise en scène,
rien ne sert d'en rajouter. Signant un Barbier de Séville tout
en sobriété au Théâtre Montreux-Riviera
(TMR), Henri Lazarini l'a bien compris. Il a voulu des personnages « humains
et dépouillés de tous les tics de la tradition ».
Et pour preuve d'un résultat convainquant : le spectateur n'a
plus qu'à se laisser bercer par les traits d'esprit propres à Beaumarchais.
Accompagné dans son « lâcher prise » par des
arrêts
sur image qui ne sont pas sans rappeler des scènes de Watteau
pour la légèreté aérienne et de La Tour
pour la lumière révélatrice.
Très complices, les Rosine (Sévane Sybesma),
Figaro (Paul Nevo), Comte Almaviva (Maximilien Neujahr) sont véritablement
incarnés. Des personnages étoffés
et au ton juste. Plus particulièrement encore lorsqu'on pense
au vieux Bartholo servi par un Bruno Balp, qui gagne en intensité en
préférant jouer une exaspération tragi-comique plutôt que la colère
habituelle d'un barbon - jaloux de tous ceux qui approchent sa pupille.
Présence et
prestance
Et que dire de Don Bazile? Que... ses apparitions sont trop rares!
Tant on aurait voulu goûter encore et encore aux multiples
facettes que lui prête un Georges Wilson maniant la gamme des
humeurs avec un plaisir non feint.
Du beau théâtre! Mais
du théâtre. Ainsi l'a
souhaité Henri Lazarini et c'est, une fois encore, très
habilement qu'il le rappelle au spectateur. Au rythme où la
comédie
se noue et se dénoue, les décors se font et se défont.
Une jolie prouesse sur la petite scène du Théâtre
Montreux-Riviera où, pour amplifier encore le rapport à la
Comedia dell'Arte, les tréteaux ont été dressés.
FLORENCE MILLIOUD HENRIQUES
« Le
Barbier de Séville » à Montreux
Un Beaumarchais éblouissant avec Georges Wilson
COMÉDIE de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, écrite
en 1775, Le Barbier de Séville, à l'affiche ce mois-ci
du Théâtre Montreux-Riviera (TMR), fait partie de ces spectacles
qui séduisent par leur intelligence, leur finesse, et sur lesquels
le temps n'a pas de prise puisqu'ils reposent sur une subtile observation
des moeurs et d'une nature humaine qui, finalement, ne change pas d'un
siècle à l'autre. Les pièces de Molière,
qui datent de la deuxième moitié du XVIle siècle,
appartiennent elles aussi à cette catégorie, et n'en finissent
pas de nous charmer à travers les années.
Il y a, dans Le Barbier de Séville, toute une
critique de la société – française ou pas
française.
Beaumarchais, ici, est sans pitié dans sa dénonciation
de l'hypocrisie, comme dans sa
manière d'aborder le conflit des générations.
Dans le rôle de Don Bazile, Georges Wilson propose une composition à sa
manière, avec des intonations et des mimiques proches d'un burlesque
qui suscite rire et bonne humeur. Tout aussi admirable, Bruno Balp incarne
le personnage de Bartholo, tandis que celui de Rosine est interprété à merveille
par Sévane Sybesma.
Les autres rôles, tous masculins, sont fort bien tenus par Maximilien
Neujahr (le comte Almaviva), Paul Nevo (Figaro) et Steve Riccard (le
Notaire). Excellente mise en scène, en outre, de Henri Lazarini.
Un spectacle, donc, à voir toutes affaires cessantes...
J.-L. R.
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